Le temps passe, mais les passions restent.

Vis ma vie d’hypersensible procrastinatrice. Le tout associé à une bonne dose de manque de confiance en soi. Combo compte triple.

Voilà trois ans que ce blog a été crée. A l’origine, il ne devait servir que d’entraînement pour mes études. J’avais tout de même dans la tête l’idée d’en faire quelque chose. Me lancer réellement dans l’écriture, juste pour le plaisir. Finalement, c’en était restée une, d’idée.

C’est souvent comme ça que ça se passe chez moi. Je pense à quelque chose, je me dis que ça serait trop chouette puis je suis excitée pour les dix minutes qui suivent. Ca peut durer jusqu’à une semaine mais ça ne tient jamais bien longtemps. Le quotidien et la flemme prennent le dessus. Je reporte au lendemain du lendemain. Vis ma vie d’hypersensible procrastinatrice. Le tout associé à une bonne dose de manque de confiance en soi. Combo compte triple.

Mon hypersensibilité, je la remercie milles fois. Pour tout ce qu’elle me fait ressentir, tout ce bonheur qui déborde de mon petit corps parfois. Souvent même. Mais bon sang, qu’est ce qu’elle en crée des incompréhensions. On se sent rapidement seule à devoir gérer des émotions si diverses et si intenses. Pourtant il y en a d’autres des comme moi, je le sais. Mais j’ai l’impression de ne jamais les rencontrer dans mon quotidien.

Je l’aime malgré tout, cette hypersensibilité. Elle fait parti de moi de toute façon, alors autant faire une chouette colocation non ? Elle me fait voir le monde sous un angle différent de la majorité. Ou alors sous le même angle, mais avec un nuancier de couleur un peu plus grand. J’aime profiter du chant des oiseaux, de la chaleur du soleil contre ma peau ou de la fonte d’un flocon de neige sur le bout de mes doigts. Ou encore toutes ces fois où j’ai pu me perdre dans mes pensées en regardant la voie lactée, un soir d’été. Elle me permet de me rappeler combien la vie est belle quand une famille heureuse traverse la rue, quand un inconnu en aide un autre, ou quand un regard amoureux est échangé dans le bus. Ce sont ces petits moments qui vous changent la journée d’un hypersensible, et qui me laissent submergée de bonheur et d’amour pour notre monde.

Et puis il y a les autres fois. Il y a eu la dépression de membres proches de ma famille, mon départ de la maison, la découverte de la vie d’adulte, les problèmes de société, les guerres et les attentats. Les moments compliqués au boulot, quand tout le monde fait au mieux avec les moyens qu’il a. Les situations délicates à gérer, les familles pas si unies, les gens qui perdent tout du jour au lendemain, les gens qui ont peur de tout et ceux qui font peur à tous. Et je me retrouve là, au milieu de ce beau bordel. Je dois faire semblant de savoir gérer tout ça alors que je ne sais toujours pas vraiment comment me gérer moi.

D’ailleurs, j’avais peur de reprendre l’écriture. C’est quelque chose que je ressens souvent ces derniers temps. Alors je repousse, je repousse. J’ai un peu peur de savoir où j’en suis, de constater que je n’ai pas avancé. C’était rassurant avant, mais je me suis fichue une putain de pression. J’ai la vingtaine bien entamée, et pourtant j’ai l’impression que je devrais déjà avoir la maison, le mari et le chien. Les diktats de la société sûrement. Moi qui pensais ne jamais me faire avoir à ce jeu. Bim, dans ta gueule.

Cela fait donc des mois que je n’avais pas écrit. Depuis ma rupture je crois en fait. C’est vrai qu’il y a eu ça aussi. Hier en passant devant chez lui, je n’ai même pas regardé si sa voiture était là ou pas. C’est la première fois que cela arrive depuis qu’il m’a quittée, il y a maintenant neuf mois. J’avais pris pour habitude de faire un petit check visuel rapide. Même si je trouvais ça con, même si ça ne m’avançait à rien. C’était plus fort que moi. Mais hier, ça ne m’a même pas traversé l’esprit un seul moment. C’est ma petite victoire à moi. Alors je pense que ça va un peu mieux et rien que pour ça, je suis super fière de moi.

Raison d’être

Jouer, tricher, créer, imaginer, raconter… Le monde des possibles est ouvert dès lors que l’on se met à découvert.

Écrire, je l’ai toujours fait, ou presque. On peut dire que cette passion m’est venue du collège, je panser mes maux grâce aux mots. J’en suis devenue addict, accro et c’est depuis que la plume est devenue mon mode d’expression favori.

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Jouer, tricher, créer, imaginer, raconter… Le monde des possibles est ouvert dès lors que l’on se met à découvert. Un monde sans limite, façonné des mains de celui ou celle à qui il appartient. Un monde à notre image, rempli d’adages et où il importe peu d’être sage. Il importe seulement d’être sincère, d’être soi, et de raconter ses émois. Il ne faut pas avoir peur, dépasser ses frayeurs. Il faut être un peu courageux, même si cela n’est qu’un jeu. Comme un labyrinthe dans la découverte de soi, un monde parallèle avec une autre partie de moi.

Je n’y accède qu’à la tombée de la nuit, s’expriment alors mes pensées endormies. Et c’est ainsi que je me révèle, aussi discrètement qu’un oisillon battant de l’aile.

 ~ La fille du comptoir